lundi 31 octobre 2011

Première répétition vers la gloire!

Et une répétition, une ! Elle s’est plutôt bien passée, d’ailleurs. On a super-bien joué et, surtout, ma mère ne se doute de rien !

J’ai emmené grand-père au parc près du hangar qui, comme prévu, était quasiment vide. Je l’ai donc laissé au milieu d’un bosquet pour qu’il ne « s’ennuie » pas. Lorsque je suis parti, il avait l’air parfaitement dans son élément, en pleine discussion avec un chêne...

Ensuite, j’ai directement filé au hangar. Comme d’habitude, je suis arrivé avec un bon quart d’heure de retard… juste à temps pour entendre Elton râler… Un vrai roquet, quand il s’y met : « Il fait chier Antonius ! On ne devrait pas lui faire confiance. C’est ridicule de jouer au papy-sitter. Et comment on va faire pour assurer si on ne répète pas ? » La routine, quoi ! David l’a remis à sa place, ce qui l’a rendu encore plus énervé contre moi. Mais, franchement, je n’y peux rien si je suis surchargé ! Entre nous, je pense qu’il est surtout jaloux parce que je suis meilleur que lui…

Bref, il était vraiment furax et a fait mine de partir. Heureusement, David et moi avons lancé les premières notes de « Good Death », notre chanson phare. Elton est revenu et la répétition a enfin pu commencer. La suite s’est très bien déroulée. Bon, d’accord, quand Elton a absolument voulu me montrer comment jouer le passage d’un morceau, j’ai pris un malin plaisir à le massacrer - le morceau, pas Elton ! – tout en m’excusant d’être trop mauvais. OK, c’est puéril, mais ça m’a fait un bien fou !

Par contre, David s’en est rendu compte et n’a pas trop apprécié… Il m’a même dit que ça confirmait le pressentiment qu’il avait. Il m’a avoué qu’il pensait que je jouais la comédie. Qu’il savait que je faisais exprès de louper des exos de maths comme certains riffs de guitare. Il ne comprend pas pourquoi je m’obstine à cacher mes talents… Clairement, après tout ce qu’on a vécu ensemble, il mériterait de partager mes secrets et ceux de ma famille. Après tout, c’est mon meilleur ami ! Mais, je ne sais pas, quelque chose m’empêche de tout lui raconter sur nous…

Bon, je file, je dois retourner chercher grand-père au parc !

dimanche 30 octobre 2011

Échapper à la surveillance de mes parents : mission impossible? => NON!

Bon, ok, la balade d’hier avec grand-père a été un vrai fiasco… Mais ma mère a été ravie. L’effet sur grand-père aurait été positif : il « rayonnait ». Pour elle, j’avais particulièrement bien géré la situation. Elle m’a même dit qu’elle me faisait entièrement confiance pour la suite, ce qui revient grosso modo à me demander de réitérer l’expérience. Au début, je n’ai pas franchement sauté au plafond… mais je me suis finalement dit que ça pouvait servir les intérêts de chacun…

Je m’explique : mes parents sont rassurés car je m’occupe de Melkaridion et, de mon côté, je peux vaquer à mes occupations… comme par exemple aller à mes répétitions ! C’est un peu risqué, mais j’ai analysé ce qui avait planté hier. L’erreur, c’est d’avoir emmené grand-père dans un parc trop fréquenté. En revanche, celui qui se trouve près du hangar où mon groupe répète est immense et, surtout, quasiment désert la plupart du temps. La probabilité que mon grand-père attire la foule est donc assez faible. Donc, voici la solution : je l’emmène au parc, je le laisse parler aux arbres et communier avec la nature et moi, pendant ce temps, je file à ma répèt’. On la boucle en vingt minutes, je récupère grand-père, et on rentre, ni vu ni connu !

Il faut juste que ma sœur ne dise rien à mes parents, sinon je ne donne pas cher de ma peau… Entre nous, ce n’est pas gagné, parce que, des pipelettes comme elle, on n’en fait plus ! On dirait qu’elle cherche à s’attirer des ennuis… et à en attirer aux autres par la même occasion. Vous ne connaissez pas ma sœur ? Croyez-moi sur parole, vous ne passez pas à côté de grand-chose… Bon, c’est ma sœur, je l’adore, mais ça n’empêche qu’elle est l’archétype de l’ado rebelle. Elle s’appelle Leamedia (encore un nom qui ne court pas les rues…) et elle fait plutôt mature pour son âge. En apparence… À onze ans, elle se la joue mademoiselle-je-sais-tout, et elle est persuadée que personne ne peut la comprendre, elle, la gothique. Oui, je sais, ça fait beaucoup mais, le pire, c’est que je n’exagère pas. Elle a un caractère insupportable et assume parfaitement son rôle de « petite peste ». Son look : vêtements noirs et sexy (ça, c’est son côté « je suis grande et je veux plaire aux mecs, aux vrais ! »), avec de préférence des têtes de mort dessus (comme toute gothique qui se respecte) et, évidemment, elle se plaint en permanence que nos parents la briment et mettent en péril sa liberté (ça, c’est pour faire la rebelle). Bref, elle est le vrai élément perturbateur de la famille. Je ne vous raconte pas comment les relations sont tendues entre ma mère et elle. Je ne donne pas entièrement raison à Melidiane, mais il faut dire que Lea n’est pas facile à gérer, surtout depuis qu’elle est entrée en pleine crise d’adolescence. Pour couronner le tout, elle est « fooooollement amoureuse » de David, mon meilleur ami, ce qui m’exaspère au plus haut point. Déjà, une sœur et un meilleur ami ne devraient rien avoir à faire ensemble. En plus, depuis qu’elle a eu « le coup de foudre », elle essaye systématiquement de s’incruster quand je vois David. Ah, j’allais oublier : il faut rajouter au tableau sa bande de copines plus nunuches les unes que les autres et, bam ! c’est le cocktail explosif !

Enfin, si elle parle, je suis foutu. Et je n’ai pas d’autre choix que de lui faire confiance malgré tout. Ce qui me rassure un peu, c’est de savoir qu’elle est plus intelligente qu’elle n’y parait…

jeudi 27 octobre 2011

Je rectifie : pire balade de ma vie… Les frasques de Melkaridion, suite et fin

M’attendant dès lors au pire, j’ai continué mon périple vers le parc accompagné de mon grand-père. Au début, je ne m’étonnais même plus de ses réactions. Mais je me suis rapidement rendu compte qu’elles manquaient cruellement de cohérence. Comme s’il choisissait ses « moments Alzheimer », s’effrayant quand une simple voiture nous dépassait mais se montrant imperturbable face à l’embouteillage monstre sur le Brooklyn Bridge. J’en viendrais presque à croire qu’il se fiche de moi, qu’il est tout à fait lucide mais qu’il a parfois besoin de lâcher prise, par lassitude ou par flemme. À son âge, moi non plus je n’aurais sûrement pas envie de faire des efforts pour m’adapter à la société. Il a déjà vécu tant de changements au cours de sa vie !
Bref, tout se passait plutôt bien quand nous sommes enfin arrivés au parc. C’est le moment qu’a choisi Melkaridion pour entrer dans une sorte de transe. Que je vous explique…

Un parc, dans une ville, c’est l’unique endroit où l’on peut s’échapper de l’environnement urbain pour se ressourcer dans un cadre relativement naturel, au milieu de plantes, d’arbres et des quelques animaux y ayant trouvé refuge. C’est exactement ce que recherchait mon grand-père. Il est d’ailleurs immédiatement « entré en communion » avec la nature. Il s’approchait des arbres, fermait les yeux, les caressait, leur parlait, comme s’il voulait leur redonner des forces et de leur permettre de lutter contre les agressions de la ville. Un peu comme s’il était leur gardien, leur protecteur… Sur le coup, j’ai trouvé cette attitude vraiment touchante : moi-même je suis persuadé qu’en s’occupant bien d’une plante, en lui montrant une forme d’affection, elle se met à mieux pousser, comme si elle puisait dans notre énergie.

Mais je ne m’étais pas rendu compte de l’impact que pouvait avoir un tel comportement en plein cœur de New York. Un nouvel attroupement s’est vite formé autour de mon aïeul. Certains le considéraient comme fou, d’autres le crurent sous l’emprise de la drogue, et d’autres encore estimèrent qu’il ne pouvait s’agir que de la performance d’un artiste engagé désirant sensibiliser les gens à la nécessité de protéger l’environnement. « Passer inaperçus », disaient mes parents : un échec cuisant. Mais le pire restait à venir…

Les passants s’agglutinaient toujours plus autour de l’arbre où se trouvait grand-père. Ce dernier a fini par exploser : « Écartez-vous !!!! Vous l’étouffez !!! » La foule, jusqu’alors plutôt avenante envers ce sympathique vieillard, est devenue carrément hostile. De quel droit ce vieux fou osait-il leur donner des ordres ? Le climat se dégradait de seconde en seconde. J’ai dû intervenir. « Excusez-le ! Ne vous inquiétez pas, c’est mon grand-père. Il ne voulait pas être méchant, il n’a juste plus toute sa tête. » J’avais honte de ce que je disais : cet homme, la sagesse incarnée, les dépasse tous de loin en intelligence… ou tout du moins les dépassait avant que l’âge ne fasse ses ravages ! Mes scrupules ont fini par s'évanouir lorsque la foule a décidé de se disperser… 

J'ai alors raccompagné mon grand-père chez nous, en repensant à la manière dont je l’avais fait passer pour un vieillard sénile. « Sois digne et fier de notre famille. Elle le mérite. Tu n’imagines pas à quel point », m’a-t-il alors lancé, comme s’il lisait dans mes pensées. Quand je disais que son manque de lucidité, ses pertes de mémoire et ses élucubrations me paraissaient une façade ! Comme s’il voulait simplement qu’on lui fiche la paix…

Dur début de balade : pas facile à gérer, le grand-père…

Je savais bien que promener grand-père dans un endroit public ne serait pas une partie de plaisir, mais je ne m’attendais pas à un tel cirque ! Nous avons été l’attraction du quartier pendant une bonne demi-heure. Je ne serais même pas étonné que l’on passe sur une chaîne d’information locale, avec comme sous-titre : « Avis de recherche : un fou échappé de l’asile psychiatrique veut rétablir la dîme » !

Pourtant, tout commençait bien, en tout cas mieux que ce à quoi je m’attendais. La rue dans laquelle nous vivons est plutôt calme, grand-père était donc en confiance… Jusqu’à ce que l’on croise un horodateur. Objet normal de la vie quotidienne pour chacun d’entre nous, n’est-ce pas ? Eh bien, allez l’expliquer à un vieillard atteint d’Alzheimer et qui croit vivre en pleine France de l’Ancien Régime. Il fallait voir sa réaction lorsque je lui ai expliqué qu’on y mettait de l’argent pour pouvoir stationner dans la rue et que, non, cet argent n’était pas perçu par Henry IV. (Il se croyait en 1600…)

Alors Melkaridion s’est emporté : « Comment ? Qui ose prélever un impôt à la place de notre bon Roi ? Pourquoi laisse-t-on ces malandrins installer leur machine sans protester ? J’ai toujours admiré la magnanimité de notre vénéré monarque, mais, sauf le respect que je lui dois, sa grandeur d’âme confine à la mollesse ! »

J’ai d’abord cru qu’il suffirait, pour le ramener à la raison, de lui expliquer qu’aucun roi n’était spolié, puisque, en l’occurrence, il n’y en avait pas, et que l’argent récolté servait à la collectivité… Mais non ! Mon grand-père, tel Don Quichotte s’acharnant contre un moulin à vent, avait décidé qu’il se devait de « déloger ce mécanisme menaçant l’autorité royale ». Déjà, les badauds s’agglutinaient autour de nous pour observer la scène. Mon grand-père, le visage rougi par l’effort, la chevelure ébouriffée, sa souris Simone sur l’épaule – tout aussi abasourdie que moi, d’ailleurs ! – ne les voyait même pas : il s’acharnait sur le parcmètre à grands renforts de gestes rageurs et de cris scandalisés, convaincu qu’il finirait par le soumettre à sa volonté. Un sketch !

Pendant ce temps, j’essayais tant bien que mal de le raisonner tout en dispersant le troupeau de passants qui riait aux éclats devant le ridicule de la scène. Finalement, c’est l’horodateur qui a eu raison de lui, refusant obstinément céder aux multiples tentatives de mon aïeul : « Nous verrons si cet engin de malheur restera longtemps en place une fois que j’en aurai informé les plus hautes instances du royaume ! » a-t-il conclu. 

Dénouement certes peu glorieux mais qui nous a évité le pire ! Et dire que ce n'est que le début de la promenade...

"À la gloire de mon père" (suite)

J’ai reçu une tonne de messages de gens voulant en savoir plus au sujet de mon père, notamment sur sa capacité à « arrondir les angles ». Je continue donc sur ma lancée. Mais ça reste entre nous : si mes parents le découvrent, je suis mort !

Reprenons. Mon père joue un rôle central dans la vie de ma famille. Bien qu’il puisse avoir l’air plus effacé, en tout cas un caractère moins marqué que nous autres, il est néanmoins le véritable ciment de notre famille.
Cela vous étonne ? En fait, son flegme naturel, son sang-froid et son sens de la nuance lui permettent de garder son calme et donc toute sa capacité de discernement, y compris dans les situations de crise, assez fréquentes dans la famille, il faut bien l’avouer, avec un grand-père un peu fou, une mère relativement autoritaire et caractérielle, et deux adolescents en quête de liberté. Comme on le considère  tous comme totalement objectif et impartial, c’est lui le médiateur, l’arbitre de la famille. Il est d’ailleurs la seule personne à pouvoir éteindre les légendaires explosions de colère de ma mère. Et ce n’est pas un mince exploit !

Bon, il est temps d’emmener grand-père au parc ! Je sens que ça va être épique : j’ai emprunté le smartphone de David pour pouvoir vous raconter ça en live :)

mardi 25 octobre 2011

"À la gloire de mon père"

Depuis la dernière fois, j’ai essayé par tous les moyens d’échapper à la corvée du papy-sitting. Envoyer ma sœur à ma place ? « Trop jeune ! Elle n’a que onze ans ! » Prétexter une tonne de devoirs ? « Comme si tu avais besoin de réviser pour réussir… » Un rhume ? « Mais tu n’es jamais malade ! ».

Et finalement, mon père m’a convaincu. Il est tout de même doué. Il a réussi à faire d’une corvée un honneur… J’ai comme l’impression de m’être fait avoir ! Mais laissez-moi vous parler un peu de lui.

Son nom d’abord : Rodolpherus (je vous avais bien dit que ma famille avait le don de trouver des prénoms complètement improbables !). Signes distinctifs : une érudition phénoménale et une incroyable capacité à « arrondir les angles ».

Il travaille actuellement à l’Observatoire astronomique de New York. Mais j’ai parfois l’impression que ce n’est qu’un vulgaire passe-temps pour lui. C’est sans aucun doute la personne la plus érudite et cultivée que je connaisse. Philosophie, littérature, musique, sciences dures… Aucune œuvre, aucune théorie ne semblent avoir de secret pour lui… Un peu comme s’il avait lu chaque ouvrage de la bibliothèque municipale de New York. Alors, certes, il y passe énormément de temps, mais tout de même, comment un homme peut-il ingurgiter une telle quantité de savoir ? A priori, cela semble inexplicable !

Non seulement il connaît tous ces ouvrages, mais surtout il les a complètement compris et assimilés ! La théorie de la relativité d’Einstein est limpide pour lui, tout comme l’est la pensée de Descartes… Il est aussi tout à fait capable de réciter par cœur l’intégralité des Misérables de Victor Hugo. Il y en a qui ont l’oreille absolue, mais lui, j’ai l’impression que c’est sa mémoire qui est absolue. C’est effrayant ! Apparemment, j’aurais hérité d’un peu de son talent, ce qui explique mes facilités à l’école ou pour apprendre la guitare.

Bref, si je peux vous donner un conseil : ne vous lancez pas dans un Trivial Pursuit contre lui, vous êtes sûrs de perdre… Ou plutôt, non, il vous laissera gagner, pour cacher son talent. Tout comme ma mère, mon père est persuadé qu’il vaut mieux se faire discrets et nous fondre dans la masse ! Et il est passé maître dans cet art. Par exemple, dans la rue, il ressemble à n’importe quel employé de bureau, avec son banal costume noir, sa cravate bien nouée, ses petites lunettes (qui ne lui servent d’ailleurs à rien puisque sa vue est parfaite !) et sa coiffure de premier de la classe. Et dès qu’il rentre à la maison, c’est la métamorphose : on passe de l’individu lambda au quadragénaire sexy style Georges Clooney. Allez comprendre… En tout cas, quand on le voit comme ça, on comprend pourquoi ma mère en est tombée follement amoureuse et pourquoi, aujourd’hui encore, elle continue à l’admirer.

Bon, faut que je file. La suite du portrait de mon père au prochain épisode !

lundi 24 octobre 2011

Aujourd'hui, je suis officiellement papy-sitter...

La barbe ! Comme si je n’étais pas déjà assez occupé comme ça. Mes cours, les répétitions avec mon groupe, et pour couronner le tout, ma mère me demande de faire le papy-sitter… Ça, c’est ce que j’appelle une vie d’ado épanoui !

Vous vous demandez sans doute pourquoi je suis aussi accablé à l’idée de promener mon grand-père… On voit que vous ne le connaissez pas. Il est un peu la contradiction incarnée : c’est l’homme à la fois le plus intelligent et le plus socialement inadapté que je connaisse ! Je passe sur son nom : Melkaridion. Je sais, nous sommes spécialistes des noms bizarres dans la famille… C’est un peu notre héritage ; Melkaridion, donc, mon grand-père, est très âgé : à le voir, on dirait qu’il a cent ans. Mais à l’entendre parler, il semble encore plus vieux. Je précise : il n’est pas vieux au sens de « gâteux », mais de « sage ». Quand il vous regarde… j’ai du mal à vous expliquer. David a eu des mots assez justes pour le décrire. L’autre jour, il a rétorqué à Elton qui essayait de tourner grand-père en ridicule : « J’aimerais te voir à cent ans passés, si tu survis d’ici là. Il a l’air doué, le grand-père. T’as jamais croisé son regard ? Fais l’expérience et tu te sentiras petit, petit… Même pas ton mètre soixante ! ».

En clair, j’ai donc un infini respect pour lui. Mais en même temps, il a le don de se mettre dans des situations assez embarrassantes. Depuis peu, il semble être atteint par la maladie d’Alzheimer. Il commence à tout mélanger : ses connaissances historiques, ses propres souvenirs, sa perception de la réalité… Et là, c’est le drame : il se met à parler aux arbres, il rejoue intégralement la scène d’une bataille historique en prétendant être le conseiller en sorts de Louis IX, il raconte ses conversations avec Louis XVI ou Napoléon, et il hurle de surprise à la vue d’un banal « cab » new-yorkais. Le pire, c’est qu’il fait tout cela au beau milieu de la rue, sans même se soucier du regard des passants ou des voitures qui manquent de le renverser. Bref, il est clair qu’on ne peut pas le laisser se balader tout seul…

Ah, et j’ai failli oublier le petit détail qui tue : il ne se sépare jamais de sa souris, Simone, qu’il considère comme sa « conseillère ». Autant vous dire que l’emmener en balade, ce n’est clairement pas une promenade de santé, sans ce mauvais jeu de mots. Avec lui, c’est dur de passer inaperçu dans la rue. Cela m’étonne que ma mère, toujours préoccupée du fait qu’on paraisse les plus normaux possible, n’y ait pas pensé.